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02 septiembre Liberté « Quiconque est prêt à sacrifier sa liberté pour un peu de sécurité provisoire ne mérite ni l’une ni l’autre et perdra les deux » Thomas Jefferson
Voulez-vous que la France ressemble aux pires fictions d'anticipation? Doit-on pour assurer notre hypothétique « sécurité » mettre sur la sellette tous les citoyens se battant pour une cause, pouvant être soupçonnés de futurs « troubles à l'ordre publique », et ce dès 13 ans? C'est ce que nous impose le gouvernement, après les tentatives de fichage ADN des immigrés et pendant qu'il élargit son contrôle sur les médias (rappelons que les plus influents tels que Le Figaro, TF1, Europe 1 ou encore la plupart des quotidiens gratuits appartiennent à des « amis » du président...) . EDVIGE , Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale , instaure le fichage de tous les citoyens agissant pour leurs idées, leurs croyances, en intégrant en un même fichier leur origines ethniques, leurs convictions politiques et même leur vie sexuelle. Encore mieux que le « télécran » de 1984 et accompagné de l'installation dans nos villes d'un nombre en pleine augmentation de caméra par le ministère de l'intérieur, l'UMP montre qu'elle est prête à tout pour satisfaire ses électeurs d'extrême droite et instrumentaliser la peur des français contre leur propre liberté. Ce fichier conservé par les nouveaux services de renseignement intérieur, résultant de la fusion des renseignements généraux (RG) qui fichent depuis déjà bien longtemps les citoyens un peu remuant (du militant lycéen contre le CPE au responsable associatif) et de la DST, doit obtenir un refus clair de la part des citoyens du pays des droits de l'homme!
Cette pétition bien remplie par des citoyens soucieux du respect des principes républicain les plus élémentaires favorisera le recours au conseil d'État et s'il le faut, à l'Union Européenne, pour préserver la liberté de tous les citoyens qui se battent pour leurs idées.
«Une petite rébellion de temps en temps, c'est comme un orage qui purifie l'atmosphère.» Jefferson 13 marzo Le Pari / La Apuestavoilà un court texte introduisant ce dans quoi je me suis plongé depuis quelques temps. éllaboré par moi et revue et corrigé par l'amigo Léo, il résume la manière dont nous voyons le processus de création d'un nouveau anticapitaliste, lancé par la LCR depuis quelque mois déja, et constitue un compte rendu de la démarche en laquelle cela va consister.
Le Pari Notre génération est marquée par trois constats : le meilleur des mondes c’était une mauvaise idée. On a grandit après la chute du mur, on a lu le bouquin d’Orwell, on a vu « Good Bye Lenin », « La vie des autres » ou en tout cas, on en sait suffisamment sur les paradis communistes pour ne plus y croire. On est résolument réaliste. On a aussi été marqué par la liberté : parents ou grand parents soixante-huitard, on nous a enseigné que notre liberté de pensée était essentielle : les politiciens nous ont toujours fait rire mais jamais convaincu, encore moins donné envie d’adhérer à un quelconque parti. Tout en rejetant le chacun pour sa gueule, on craint surtout l’embrigadement. Enfin, avec notre adolescence piétinant sur les premières années du XXIème siècle, on a compris le fait que notre planète allait dans le mur : on se sent tous écolo, chacun à notre manière. De grandes paroles en petits actes, on évolue chacun à notre niveau vers la sauvegarde de mère Nature, déjà partiellement fauchée. Cette certitude nous offre un argument de poids pour dénoncer le « système », tandis que les guerres et autres busheries nous ont convaincu qu’on vivait dans un « monde de merde » Le pari, c’est de rassembler ces trois constats en une organisation, parti, mouvement, qu’importe. Une structure dans laquelle chacun conservera sa liberté de pensée par le biais d’un fonctionnement démocratique mettant de coté les p’tits chefs, les démagos, les spécialistes. Une structure décentralisée qui aura trois objectifs : devenir un vecteur culturel mettant à profit notre esprit critique pour proposer une grille de lecture actualisée des contradictions et des défauts les plus intolérables du capitalisme mondialisé , être un outil de mobilisation sociale, dans un pays où l’absence d’unité rend les mouvements de contestations –nécessaire dans toute démocratie- divisés et intolérants, et enfin, progressivement rendre public un ensemble de proposition pour un pays puis un monde entreprenant une rupture radicale ou progressive d’un système capitaliste engendrant des dominations exubérantes des hommes sur les hommes et surtout vouant la planète à sa perte, vers un système plus juste, plus démocratique et plus vivable , tout simplement. A vrai dire, ce dernier point n’est pas simple, car en effet, nombreux ont été et sont les partis proposant un nouveau monde, avec des vieilles recettes tirés de nos amis les rouges… En quoi celui-ci serait-il différent ? Cela tiens précisément à la structure que nous voulons mettre en place : des comités (lieux ouverts pour débattre) dans chaque lycée, fac, lieux de vie sociale et culturelle, entreprise, débattant sur ces questions. Nul théoricien, nul homme providentiel, nul expert en monde meilleur pour nous proposer la solution miracle, mais plutôt plusieurs générations réfléchissant sur les possibilités qui s’offrent à nous. C’est en ça que ce projet est totalement nouveau : des idées allant de bas en haut et non plus de haut en bas. Mais les « gens » sont-ils des références sûres ? Indiscutablement. Certes la masse de personnes qui va décider et débattre sur l’amélioration de notre pays, de l’Europe et du Monde n’est pas une foule de spécialiste, ni de philosophes. Mais ne sommes nous pas tous dotés d’un esprit critique ? Tandis que le débat va renforcer cette faculté, la loi de la démocratie ne va-t-elle pas faire en sorte qu’un contrôle permanent des propos des uns sur les critiques des autres va permettre qu’une raison collective aboutisse, et crée ainsi la première critique réaliste et raisonnable du capitalisme? Cela n’a jamais été tenté. Parce que nous avons tous une disposition naturelle à nous dénigrer, et par là même à nous reposer sur ceux qui paraissent mieux placé que nous pour décider. C’est là le pari : Une structure sans chef se présentant comme un vaste réseau faisant remonter par un système d’échelons par groupes, villes , régions puis Nation des décisions et des idées débattues par la masse d’esprits critique, de goûts , de créativités… par une masse d’individu. Ce pari ça ne sera pas un parti, un carcan emprisonnant les militants. Ça sera une vague, dont le respect de la liberté de pensée et de la démocratie garantira le succès. Etre critique envers le capitalisme et envisager un changement possible et progressif, c’est être réaliste. Ne limitons pas la réalité au seul champ de ce qui a déjà été tenté, et du système dans lequel nous vivons. L’urgence écologique à elle seul nous ordonne d’agir, nous permettant au passage de veiller à corriger les contradictions dont la vie politique et économique française nous offre une vision si limpide qu’elle en est déprimante. 08 diciembre Pour une lutte classeDifficile d’y voir clair sur le problème posé par la loi LRU (liberté et responsabilité des universités) votée cet été (pendant que les étudiants étaient indisponibles, non pas, comme le disait un intervenant lors de la première AG de Bordeaux III, parce qu’ils étaient à la plage, mais parce que la majorité d’entre eux bossaient) . Je pense que ce mouvement a démarré vite, et que la plupart des polémiques sont resté centré sur le mouvement en lui-même (blocage ou pas blocage, méchants d’extrême-gauche ou méchants de gauche tout court) plutôt que sur la loi en elle-même. Cela tiens au fait que les médias dominants (la télévision surtout et les journaux gratuits) ont eu davantage le souci de rapporter les faits (désagréments occasionnés par le mouvements etc…) que le fond du problème . Il faut également ajouter que les groupes fondateurs de la mobilisation (on leur doit bien ça) ont orienté, un peu par démagogie et par facilité, l’opinion vers le risque de « privatisation » de la fac, qui n’est pas je pense exagéré, mais qui manque de subtilité, dans la mesure où par exemple, des éléments tels que les menaces sur la neutralité des enseignements et de la recherche ont été un peu éludé… Le mouvement a manqué de coordination, de respect mutuel ( ne pas applaudir un intervenant en AG on peut le concevoir, mais le huer c’est carrément con) et de règles démocratiques de bases (bloquer des urnes , mettre en place une « commission action » qui ne rend aucun compte au comité de mobilisation tout en commettant des actes graves pour la crédibilité du mouvement…) Bref, on est beaucoup à se sentir maintenant déçu de cette mobilisation ratée. On ne peut pas reprocher au gouvernement d’être resté sur sa position, face à moins de 10 000 personnes dans la rue, pourquoi changer d’attitude ? En revanche on peut adresser des reproches à ceux qui ont fondé puis monopoliser le mouvement, cette soi-disant « gauche radicale », rassemblant des militants qui ont la rage oui, mais la rage de quoi ? des militants qui ont privilégié la radicalité tapageuse au discernement et à la vision à long terme (bloquer un tram c’est cool, mais n’est-ce pas passer encore plus pour des cons, et à terme, tuer le mouvement ?) , les discours violents et rebelles à un veritable fond révolutionnaire et démocratique. Cette envie propre à tout militant de gauche d’être un che guevara, sans songer que le héros du socialisme réfléchissait avant d’agir, et n’agissait pas par orgueil ou besoin de reconnaissance, mais par conviction. Face à ces militants dits d’extrême gauche surexcités, faisant passer les actes avant les idées, une gauche bien pensante, fort modérée et désireuse de ne pas se mouiller . Les militants de l’UNEF, et leur président si médiatique qui après avoir d’abord soutenu la ministre, puis le mouvement, puis à nouveau la ministre, démissionne pour se faire élire aux municipales de Paris , ont joué la carte de cette soi-disant gauche qui trahit le peuple depuis Mitterand. Entre ces deux forces, des étudiants et des profs conscient d’une riposte nécéssaire, fidèles à une certaine idée de l’université républicaine et de l’égalité des chances, fidèles également à la démocratie et conscient qu’un mouvement si important sur le fond doit être crédible sur la forme. Se battre pour plus de démocratie, plus d’égalité et plus de liberté c’est aussi respecter ces grands principes pendant nos luttes. Pour moi des militants capables de bloquer des urnes et de décreter qu’une assemblée générale de 200 personnes est légitime ne sont pas des démocrates , ni des communistes, ni des gens de gauche en général. Si nous voulons un changement, il faudra que ce changement se fasse dans le respect d’autrui et de la démocratie . Il est faux de dire que la révolution se fera dans la violence et la radicalité. La seule révolution qui vaille sera celle qui saura faire évoluer démocratiquement la société vers la culture pour tous, la solidarité et la liberté individuelle au sein d'une véritable démocratie. Le combat contre la loi Pécresse est juste et légitime. 75% des professeurs et Bordeaux III s’est prononcé cette semaine contre la loi . Si la lutte doit continuer, alors elle doit continuer dans le respect de tous et en faisant le moins de dommages collatéraux possible. 08 septiembre La fiction de l'éllitisme Avant de parler de ma rentrée de Khâgne (je ne souhaite pas le faire "à chaud", sous peine de manque d'objectivité dû à l'enervement causé par cette première semaine), je diffuse ici un interview du sociologue François Dubet, prof à Bordeaux II, sur la fiction que constitue la notion de mérite. En quelque sorte, le fondement de la légitimité des élèves de prépa. Si, comme le disait Bourdieu, la sociologie est un "sport de combat" qui devrait permettre aux dominés de comprendre que leur situation individuelle est liée à un etat de fait collectif (et il est important de dire que la souffrance social, la misère, l'echec est principalement le fait du regard des autres, mais surtout du regard que l'individu porte sur lui -même) , cette science doit également permettre aux dominants de faire preuve de modestie et donc de relativiser leur ascension et leur réussite (la même qui légitimise leur domination sur le reste de la société).
Voilà pourquoi j'en conseille fortement la lecture à mes camarades de prépa (bien que je ne vise personne en particulier) . De plus, le sujet est tout à fait d'actualité puisque le ministre de l'éducation juge indispensable la fin du collège unique et donc la selection à l'entrée en sixième... L'interview est tiré du site de l'observatoire des inégalités ( www.inegalites.fr) et extraite de la revue Alternatives économiques.
Alternatives Economiques : Qu’est-ce que récompense le mérite scolaire ? François Dubet : Le mérite est une fiction. On sait que ça ne fonctionne pas. Dans la pratique, certains disposent d’avantages. En soi, le mérite est d’ailleurs une notion discutable (est-ce un mérite que d’aimer les maths ?), d’une cruauté sans nom, parce qu’il fait porter aux individus la responsabilité de situations qu’ils ne contrôlent pas entièrement. La victime du système n’est pas habilitée à le critiquer, puisqu’elle a « échoué ». Enfin, il y a le mérite et ses conséquences : est-ce qu’être diplômé de l’Ecole polytechnique justifie une rente à vie ? Le problème est particulier en France : le système scolaire est plus « juste » qu’aux Etats-Unis, mais la force du diplôme est telle que les inégalités scolaires ont beaucoup plus de conséquences ensuite ! Ne sommes-nous pas en train d’assister à un changement social majeur en matière de reproduction des inégalités ? Je suis frappé de voir de plus en plus se constituer des « rentes culturelles », sur le mode des rentes foncières. Les « fils de » se multiplient. Bourdieu avait raison sur ce plan, il existe une vraie « noblesse d’Etat ». Même les dirigeants des grandes écoles se plaignent d’un recrutement de plus en plus étroit, qui ne leur procure finalement pas toujours les meilleurs. Durant des décennies, on a associé le progrès et la démocratisation, les choses se sont désormais retournées. Comment sortir de cette situation ? Le mérite est une fiction essentielle pour les démocraties libérales. Si on l’abolit, comment va-t-on attribuer les positions sociales ? En fonction de la naissance ? Il me semble difficile de faire autrement que de s’assurer de garanties communes, d’un savoir de base minimum, au collège par exemple. Les syndicats d’enseignants ne voient dans cette proposition qu’une école au rabais, alors qu’ils sont des ardents défenseurs du Smic dans le domaine de l’emploi. Il me semble que l’on est dans un climat régressif : ceux qui hier dénonçaient les inégalités défendent le conservatisme sur le mode de « l’élitisme républicain » contre le marché. C’est comme cela, par exemple, que l’on veut mettre fin au collège unique ou que l’on dénonce la validation des acquis de l’expérience* comme l’entrée des patrons dans l’enseignement. Face à cela, l’opinion publique n’est pas un acteur organisé. Les parents d’élèves ont leur rôle à jouer. Mais au bout du compte, le risque existe qu’une majorité de la population en ait assez de financer l’école d’une minorité. Propos recueillis par Louis Maurin Pour en savoir plus sur les problématiques liées à l'éducation nationale, il est trés interressant de consulter le site de l'observatoire des inégalités. Et en ce qui concerne la carte scolaire, le point de vue tranché de Louis Maurin ici http://www.inegalites.fr/spip.php?article567&id_mot=31 qui decrypte avec une argumentation implacable le truchement du débat autour de cette question cruciale et le cynisme de l'éllite politique autour de cette question. 23 agosto Murmure de la rentrée! (coup de gueule!)[Je tombe un peu dans l'excès blog, c'est-à-dire tenir des propos un peu perdus et puis balancer quelques coups de gueule en vracs, pas trés structurés. J'ai la flemme de faire ça bien!]
C'est bientôt la rentrée!! Bon en fait là je parle pour les lycéens et les collégiens, et vous savez cette race un peu bizarre d'étudiants, qui arrivent à leurs quatrième ou cinquième année de lycée! Ils portent encore des sacs a dos, ils mangent dans un self et font la queue dans une foule remuante parmis laquelle il y a des petits élèves de seconde qui n'ont pas encore tout à fait muer. Eh oui, je parle soit des étudiants en BTS, ou ceux de prépa. Dans mon cas je suis dans la seconde catégorie, et j'appartiens à la sous-catégorie des prépa littéraire (que de sous catégories dans le monde, quand on y pense...) . J'entre en khâgne! Comme ce mot est mélodieux! Encore une fois, la tradition d'excellence et la tendance à l'auto-marginalisation du monde des Lettres (celles avec un grand L, celle de Balzac et Chateaubriand), a donné ces appelations bizarres "hypôkhagne" (la première année) et "khâgne" (la seconde année). ça vient du grec évidement, tout les gens bien éduqués l'avaient vu ,bien entendu.
Rappelons un peu ce que sont les prépas , euh laissez moi réflechir. Le symbole de l'hypocrisie et de l'éllitisme refoulés de la république Française : les meilleurs élèves selectionnées en terminale vont dans ses classes où ils coutent environ 20000euros par an à la société. Ils subissent un enseignement de grande qualité, privilégiant le travail, formant des petites bébètes de courses prêtes alors à tenter les concours des grandes écoles, passeport et porte obligés vers tout les postes de pouvoirs dans les domaines économiques, politique et culturel, de notre beau pays. Ahum, on leur apprend la rigueur, le langage, et le travail, tada. Le principe est de les droguer au travail. C'est trés efficace car cela eloigne l'étudiant de toutes les pulsions nuisantes : actualités, vie associative, manifs (entre autres) . Une fabrique de robot? N'éxagerons rien. certains s'en sortent trés bien... Mais ils sortent sans rien. En prépa scientifique on vous apprend à faire des chiffres le centre de votre vie, en prépa éco on vous apprend à penser comme un expert du FMI, en prépa littéraire on vous apprend à mépriser cordialement les incultes ("masses incultes et crasses", je rapporte les propos du jovial inspecteur de l'éducation qui est venu nous voir en cours de latin) et à ne jamais dire que Zola est un fondateur du socialisme (brrrr!).
L'enfer , pour les profs de prépa c'est la fac. L'Université, c'est le truc au fond le plus épatant de notre pays : des cours de hauts niveaux gratuits ouvert à tout les bacheliers (contre un endettement tournant autour des 40000dollars pour un étudiant américain)... mais rien d'autre. Bien plus nombreux, les étudiants de fac ne coutent que 10000euros par an à l'Etat, moitié moins qu'un étudiant de prépa. petit rappel : les élèves selectionnés en prépa ont des grandes facilités dans le domaine scolaire, cela veut dire que les étudiants de fac sont sencé être moins "brillants"? mais alors dans quelle logique l'Etat donne-t-il deux fois plus à ceux qui ont déja des moyens en eux? Est-ce la même logique qui guide notre cher président à faire payer proportionnellement moins d'impôt aux personnes bénéficiant de trés hauts revenus? je m'interroge!
Toujours est-il que les sceptiques du bouquin de Stéphane Beaud et donc de l'incidence du milieu social sur les compétences scolaires rejetterons cette analyse, et diront que l'essentiel c'est que les études supérieurs soient gratuites... Ceci est faux malheureusement, et c'est dans doute la chose la plus scandaleuse, la plus anti-démocratique, anti-republique! Car même l'étudiant de prépa qui a bossé par" lui-même" comme on dit, pour réussir, lorsqu'il se retrouve face à un concours des grandes écoles qu'il convoite tant, que constate-t-il?
Il existe des préparations, par exemple pour les instituts d'etudes politiques (dont on ne niera pas qu'elles sont la porte quasi-obligé vers les emplois trés qualifiés et à fortes connotations politiques) afin d'arriver à l'épreuve en ayant déja fait des concours blanc corrigé par des profs... de l'IEP! Mais cette préparation est payante "oh ça va, l'etudiant peut faire un effort!" ai-je entendu.
Pardon? ai-je bien compris? Le coût d'une préparation pour le concours est de 1500euros, oui, 1500 euros! c'est-à-dire à peu près 10000francs! Et la préparation a lieu à ... Paris, pendant quinze jours;
Un petit calcul s'impose : 60euros de trajets aller-retour en TGV à partir d'une région moyennement éloigné de la capitale, et ensuite l'hébergement (car, je sais que ça peut surprendre, mais tout le monde n'a pas de la famille à paris) , on va dire minimum 60 euros la nuit (et encore il faut le trouver cet hotel!) , ça nous fait plus de 800euros le séjour. ça nous fait un total de 2300euros.
c'est combien le Smic? 1280euros... et pour ceux qui ne croient pas à l'indicateur SMIC (genre qui hausse les épaules quand on leur dit que le patron de l'Oréal gagne en un an plusieurs vingtaine d'année de SMIC, et qu'après tout tout le monde trouve ça normal), le revenu moyen par personne et par mois en France en 2005 était de 1550euros environs...
Bref, je cite l'exemple de Science Po, mais pour de nombreuses autres écoles c'est encore plus flagrant, dans les écoles de commerce les études sont carrément payantes (tiens ça me fait penser au fifils d'un pote grand patron de mon père qui était gros branleur au lycée, son papa l'a envoyé dans une école anglaise à des milliers d'euros le mois, et bizzarement ça va mieux... Mais évidement on suppose que si on y envoyait des ptits banlieusards ils casseraient tout, et puis leurs parents méchants-RMistes-profiteurs-delasécu (on devrait mettre des initiales ça irait plus vite) pourraient trés bien faire des heures sup et donc bosser 50heures par semaine "si ils le voulaient! merci M'sieur Sarkozy, c'est vrai que ça va être beaucoup plus éfficace pour l'éducation des gosses que les parents bossent 11heures par jours!)
Toujours est-il que l'étudiant se retrouve pour son concours dans un amphi où certains ont passés une préparation payantes et d'autres non.
Où est donc l'égalité des chances, je peux le savoir? car ceux qui balayent d'un revers de main l'existence d'inégalité face à la culture, ce qui est facile maintenant que Pierre Bourdieu, qui avait dérangé beaucoup de gens dans leur autosatisfaction, est mort, ceux là ne peuvent pas nier que c'est tout à fait dégueulasse que l'argent fournisse ouvertement des chances supérieures à certains plutôt qu'à d'autre (et le premier qui me parle de la solution des jobs d'été je le trucide, vu comme il est facile d'en trouver un sans piston et comme on est bien payé ).
Alors la réforme de l'université de Monsieur le président me fait bien marrer. Elle ne change rien, elle ne fait rien. même pas de quoi descendre dans la rue. Encore un effet d'annonce, un discours larmoyant sur la situation scandaleuse de nos universités relayé à fond par les médias, à commencer par ceux de ses amis et de ses "frères" (comprenez TF1 de son ami et parrain de son fils, Martin Bouygues, Hachette-Lagardère de son "frère" du même nom, qui comprend la presse régionale et le Figaro bien entendu) . Et un gadget : les président d'université auront plus de pouvoir. Et pas d'injections de fonds non évidement, toutes les déductions d'impôts (qui, rappelons le, ne profitent qu'a un dixième des ménages, le dixième le plus aisés naturellement) ont couté déja trop chère . Pas non plus de prêt spécial étudiant pour financer ses fameuses préparations (on ne veut pas non plus venir les "démocratiser" , et puis quoi encore).
Du vent, du vent, du vent... Juste de quoi se maintenir au pouvoir et payer le caviar à ses potes.
En attendant les fils de riches vont pouvoir devenir riches, et les fils de pauvres vont pouvoir restez pauvres.
"Bah tfaçon qu'est-ce qu'on peut y faire hein... faut que jte laisse j'vais à une soirée j'suis dja en retard..."
Dernier mots de cet écrit dégouté pour Saez:
"Puisqu'on est que des pions content, d'être à genous.."
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