Nicolas's profilePar la lucarne du sixièm...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    December 08

    Déni de démocratie

    Un blocage de fac voté à 2OO personnes réunies parce qu’elles sont d’accord, ce n’est pas démocratique

    Un déblocage violent par les « forces de l’ordre » d’une fac bloquée par une majorité reconnue, l’utilisation de flash ball contre les étudiants qui n’ont pas le temps de s’écarter à Nantes, ce n’est pas démocratique.

    75% des médias dominants appartenant à l’entourage proche d’un chef d’Etat, ce n’est pas démocratique

    Un parti conforté dans sa puissance par des élections truquées ce n’est pas démocratique. Féliciter son chef lorsqu’on représente le pays des droits de l’homme, ce n’est pas respecter la démocratie

    Inviter un dictateur libyen, lui vendre des armes et des centrales nucléaires, ce n’est pas faire honneur à la démocratie.

    Vendre des avions aux dirigeants du pays le plus opprimé et le plus soumis à la dictature d’un seul parti sans aucune gêne, ce n’est pas être respectueux de la démocratie.

    Démocrates de tout les pays, unissons-nous !

    Pour que les droits de l’homme, la souveraineté du peuple et la liberté passent avant les intérêts financiers, les idéologies dites avant-gardistes et les délires d’une minorité. Parce que nous sommes le pays des droits de l’homme, nous sommes le pays des lumières, le pays de la révolution française, réagissons chaque fois que la démocratie est bafouée par le pouvoir, par les contre-pouvoirs, et par les puissances étrangères.

    September 18

    "Il faut se préparer au pire... c'est à dire la guerre avec l'Iran"

     C'était dimanche 16 septembre, sur RMC, et le lendemain dans les lignes du Figaro. Bernard Kouchner, le "french doctor", personnage hautement médiatique depuis qu'il a trouvé sage de passer de cadre d'un parti qui chante encore "l'Internationale" à la fin de ses meetings, à chef de la diplomatie du président le plus conservateur et le libéral que nous n'avons jamais vu. On se souviens que ce départ a provoqué une petite crise dans le parti du charismatique François Hollande ( ou "le flan") , lequel a protesté , ce que Sakozy a qualifié d'attitude "stalinienne"... Ah! ce qu'on apprécie dans ce gouvernement c'est le sens de la mesure.
    Revenons à notre ministre des affaires étrangère. On se souvient qu'il avait émis quelques réserves lorsqu'en 2003, la France, se donnant un nouveau rôle international , avait mis son véto à l'invasion de l'Irak par l'Amerique du ô combien detesté G.W Bush. Depuis il a clairement été démontré que les armes de destruction massive n'ont été qu'un prétexte monté de toute pièce par les renseignements américains (leurs entourloupes sont tellement habituelles que nous les oublions toutes : le soutien à une dizaine de dictateurs en Amérique du sud, le trucage des élections en Italie en 48, le soutien à Saddam Hussein, Ben Laden... Bref on connaît la dimension tout à fait humanisme de la si branchouille CIA!) .
    On peut donc facilement dire que notre médiatique Kouchner s'était trompé , la guerre n'était pas une "bonne" idée. La démocratie est complètement absente du territoire irakien, avec un parlement fantoche et un pays plongé dans le chaos. Des milliers de militaires américains et anglais sont morts, et la population civile a été trés touchée.
    Je crois qu'on ne prend vraiment plus conscience de ça; notre cerveau s'est habitué à l'annonce des attentats. Chaque jours, des dizaines de morts. On en a pas grand chose à foutre finalement. On ne se sent vraiment pas concerné , en définitive. Nous, pays des droits de l'homme, n'avons pas voulu ça. Et puis la violence dans le monde on y peut rien ma pauvre dame.
     
    Imaginons un scénario différent : ce seraient nos soldats, nos citoyens qui seraient envoyé dans un pays du Moyen Orient et qui mourraient régulièrement, qui planifieraient des bombardements sur des zones militaires, avec une marge d'erreur suffisante pour rayer de la carte des villages entiers et leurs habitants. On auraient non seulement l'inquiètude pour nos compatriote (car, pour beaucoup l'armée à l'air d'être un monde à part, mais pour avoir vécu dans une ville militaire une bonne partie de ma vie, je connais beaucoup de famille qui vivent au gré des affectations du père, ou de la mère) . On auraient aussi la culpabilité. La culpabilité d'occidentaux, de puissance atomique et militaire qui imposeraint sa force pour contraindre un pays tiers, qui possède une culture et un dévellopement radicalement différents des notre et qui a vécu dans les année 80 une guerre réellement meurtrière (8 millions de morts civils et militaire, une capitale rasée par les bombardements)
     
    Je parle évidement de l'Iran. Vous savez, ce pays terrible, qui est gouverné par un président régulièrement réelu avec des scores astronomiques, qui est gouverné par une religion imposant des pratiques liberticide et plongeant la population dans la peur perpetuelle. Ce gouvernement qui oppresse tout un peuple depuis 1979, l'occident ne s'y est interressé que lorsque ses intêrets étaient menacé : la prise d'otage à l'ambassade des Etats-Unis en 1980. Et depuis quelques année, l'enrichissement d'Uranium.
     
    Ah quelle horreur! la bombe atomique, cette chose abominable au main d'une telle dictature! Oui, la même bombe que nous, grandes puissances occidentales, sommes fiers d'exhiber depuis des dizaines d'année. Cette bombe dont on sait que l'utilisation par une puissance sur une autre entraînerai aussitôt sa propre destruction. Oui! cette fameuse bombe, dispersé sous tous les océans du globe, dans les sous-marins des grandes puissances qui naviguent , irrepérables, et qui peuvent, en quelques minutes, envoyer des missile d'une puissance dix fois supérieure à Hiroshima (250000 morts) sous ordre de leur gouvernement.
     
    Quel différence cela ferait-il si l'Iran la possédait? ne possédant pas d'accès à la mer, ne possèdant pas les fameux SNLE (sous marins nucléaire lanceur d'engins, on s'en souvient depuis que la consacrée-niaise Mme Royal avait été incapable de donner le nombre de missile nucléaire que ces spécimens étaient capables de transporter), la puissance islamiste lancerait un missile porteur depuis son propre territoire, rendant le repérage bien plus aisée. Une puissance de plus ou de moins, quel changement ?
    Comment peut-on penser que "les Iraniens vont nous envoyez la bombe à la gueule" sachant que cela entrainerait le rayage de la carte immédiat de tout un peuple? Comment peut-on penser qu'un gouvernement, si dictatorial et fanatique soit-il, soit près à sacrifier plus de 70 millions d'habitant pour une idée? même un fanatique du socialisme soviétique comme Krouchtchev a immédiatement senti le danger pendant la crise de Cuba.
     
    L'occident considère le moyen-orient comme un peuple de barbare, irrésponsable et fanatique. Cette vision s'immisce progressivement à travers nos concitoyens. Un bijou du cinéma comme "Persépolis" parviendra-t-il à montrer le vrai visage d'un peuple qui souffre?
    Le projet de la France, le pays de la révolution française, le pays qui a su dire "Non" en 2003 serait-il, sous pretexte d'accession (encore trés discutable, la bombe étant loin d'être réalisée) à l'arme atomique par un pays "non-démocratique" sur le point d'imposer de l'exterieur une volonté à un pays?
    Comme si la bombe atomique n'était que l'appanage des puissances démocratiques! Ou bien nous dira-t-on que la Chine est un régime démocratique? Et le pakistan? Et la Lybie, à qui la France a pourtant passé d'important contrat d'armement?
     
    Le mensonge et l'hypocrisie sont flagrant au sein de ce débat. On parle de guerre alors même que l'asphyxie économique du pays aurait été un moyen trés efficace de réduire l'Iran à l'impuissance nucléraire. Or qu'apprend-t-on?  "Paris a d'ores et déjà décidé de demander aux grandes entreprises françaises de ne plus investir en Iran, en particulier dans le secteur des hydrocarbures. Cette démarche a concerné la compagnie pétrolière Total ainsi que Gaz de France "et d'autres", a-t-il dit."
    ainsi notre gouvernement est près à parler de guerre alors qu'il n'a fait que "demander" aux entreprises d'hydrocarbures de s'eloigner de l'Iran. Que pense-t-on, que si la guerre éclate, l'intêret de nos "champions energetiques" sera préservé?
     
    Non, seule les larmes, la honte et le sang seront au rendez-vous. Il est alors normal d'espèrer que la verve de nos dirigeants soit dûe à leur démagogie et leurs ambitions electorales plutôt qu'à leur conviction profonde. En attendant, ce ne sont pas les hauts décideurs américain et britanniques qui subissent au quotidien la violence et la peur en Irak, ce sont des soldats et tout un peuple.
     
    Nous, citoyens d'un pays démocratique devons avoir conscience de ça avant de suivre avec enthousiasme notre gouvernement, obéissant à nos instincts nationalistes et nos peurs teintée d'ignorance.
     
    September 09

    Trousse de secours pour y voir clair en cas de carence aigüe de pluralisme

     Depuis que notre vénéré président a été élu, il est à craindre (et ces craintes se confirment) que l'information soit dans sa grande majorité, d'une neutralité ...limitée. On va déja apprendre dans 4 ans que les médias télévisuels ont joués un jeu tout à fait partial pendant la campagne présidentiel (si on ne l'a pas encore remarqué) comme en 2002 lorsqu'une chaîne comme TF1(40% de l'audience) a fortement mis en valeur le phénomène de la violence urbaine alors même que les chiffres avaient diminué pendant les mois précédents...
    En attendant, l'hebdomadaire Marianne titre "La Cour" pour parler du phénomène Sarkozy, mettant en valeur le charme quil opère auprès des médias dominants. On sait déja que TF1 a un faible pour lui , par le biais du grand patron Bouygues, pote perso du président, que le groupe Lagardère média dirigé par son "frère" l'hériter Arnaud Lagardère fait en sorte que ses bourrelés soit gommé dans Paris Match, sachant que ce n'est que l'aspect emergé de l'iceberg, puisque Lagardère possède des radios comme Europe 1, mais aussi de nombreux quotidiens régionaux. Enfin, "Le Figaro" de Dassault en pince évidement pour le protecteurs de tout ces courageux "self made man". Mais il ne s'agit que des exemples les plus connus et les plus évident. Un large concensus se dévellope donc au sein de l'élite médiatique (France télévision, "Le Monde" sous certains aspects) autour du néolibéralisme et général et la politique sarkozyste en particulier.
    Que faire pour échapper à cette vague, pour échapper à ce qui apparaît effectivement comme une "pensée unique" ?(dont le condensé pourrait être : En dehors du libéralisme point de salut, la justice doit être plus répréssive et le PS doit se "moderniser")
    Profiter du remède que constitue les ressources d'internet, où les voix discordantes peuvent s'exprimer, mais aussi à travers le journalisme pas encore atteint par la "vague". Petite compile personnelle :
     
    Télévision
    A eviter absoluement : TF1 : débats "pluralistes" (prenons les personnalités les plus caractériels de chaque tendance et laissons les s'engueuler pendant 1H30 . De l'intêret d'entendre De Villiers et Laguillier s'apostropher...), journal de 20h "impartial" (prenez le problème du chômage; interviewez deux filles qui ont l'air bien cruche dans un centre de l'ANPE qui expliquent qu'elles ne veut pas faire un boulot qui ne correspond pas à leur licence de philo... Vous éliminez le chômage en tant que "problème") ; Finie la place accordée à la création cinématographique, place à la copie des series policière américaine et aux émissions de variété aux problématiques "de société" ("ça se discute" : comment vivre lorsqu'on a dix orteilles à chaque pied. Question de société ou voyeurisme?)
    Sortir de l'illusion que France 2 est "à gauche". France 5 produit des débats politique qui sous un vernis "intelligent" (professeurs emérites et "politologues" distingués) sont aussi pluraliste qu'interressant (à voir l'excellente analyse de "C dans l'air" sur acrimed :http://www.acrimed.org/article2695.html)
    Les guignols de l'info! cynisme et humour, et pourtant tant de réalisme! Tend pourtant à donner l'image d'une politique mue par des hommes plus que par des idées. Ainsi l'impression que c'est le personnage de Sarkozy, plus que ses idées, qui est dangereux. Cependant le rôle satirique du journal de Canal+ limite la critique de fond, et c'est bien compréhensible.
     
    Presse écrite
    "Le Monde'  (www.lemonde.fr) est-il le quotidien impartial de référence qu'il prétend être? (éléments de réponse ici :http://www.acrimed.org/article959.html) En tout cas la fronde de ses redacteurs en juin derniers contre le président des actionnaires Alain Minc qui avait affiché sa préférence et son soutien à Sarkozy est encourageante pour la crédibilté du journal. De plus les analyses y sont précises.du "grand" journalisme. -Quotidien , 1€30
     
    "Le Monde Diplomatique" : sans doute le mensuel le plus qualitatif. Des articles extrèmement complets, sourcés, attirant l'attention sur des éléments insolites de l'actualité internationale, posant des problèmes philosophiques , le tout accompagné de photographie ou d'oeuvre d'art diverses un peu décalée. La ligne du journal est clairement "à gauche", c'est un peu le repère les "vrais" intellectuels de gauche. Du coup on peut reprocher la difficulté de la lecture qui reserve son contenu extrèmement qualitatif à une minorité cultivée. C'est cependant une prouesse dans l'alliance entre qualité littéraire et journalistique (ce qui revient à relativiser l'opposition entre littérature et journalisme...). Un coté moralisateur et parfois trop complaisant (notament à l'egard de Cuba...) qui peut en enerver certains.-Bimensuel, 4€
     
    "Marianne" (http://www.marianne2007.info/) est un hebdomadaire à la ligne "centriste révolutionnaire". Interressant phénomène mais qui finalement , à force de se proclamer "révolutionnaire" et "different" (il est vrai que l'actionnariat y est indépendant, et qu'aucune publicité ne vient s'imposer au lecteur), ils tombent un peu dans le populisme et enfoncent des portes ouvertes (la gauche caviar, les ambitieux et les traîtres) , mais ont mis en valeur beaucoup de choses. Ce qu'on peut leur reprocher c'est de seulement miser sur les partis en place, et de passer du temps a ridiculiser totalement les petits partis et les mouvements sociaux de manière un peu caricaturale (les communistes dogmatiques et sectaires, les verts "bobo" etc..) . Un journal "révolutionnaire" ... dans la continuité. Et les analyses ne sont pas toujours profondes. Plus fort pour les gros titres que pour le contenus (comme dans leurs numero spécial "la France de sarkozy" où ils anticipaient les réformes et leurs conséquences sans analyses de fond) - Hebdomadaire, environ 4€
     
    "Politis" : On se fous volontiers de la gueule des alters et de l'extrême gauche, mais c'est le seul genre de presse qui est réellement indépendante, et cela se reflète dans leur faible moyen. On ne trouve pas "politis" partout, mais ce journal vaut le coup : points de vue originaux, écrits fournis et bien faits, attire le lecteur sur des problèmes inconnus et surtout sur des "alternatives" au libéralisme (ce qu'oublie de faire la presse seulement "critique" comme Marianne) - Mensuel, 3€
     
    "Alternative économique" : pour moi le seul mensuel qui traite véritablement de l'économie. Contrairement à des torchons comme "Challenge" ou "Capital" qui expliquent comment au mieux se faire de la tune et sur quel grand patron trouver un modèle, "alter éco" propose une véritable analyse de l'économie et du social à une échelle collective; Propose des points de vue originaux, et expérimente les "alternatives" comme l'économie solidaire ou les coopératives. groupe de presse indépendant et coopératif (chaque salarié possède une partie du capital) - Mensuel - 4€ 50
     
    "L'Humanité". http://www.humanite.fr/  Ah il fait bien rire le quotidien de gauche communiste. La plupart des gens ne l'ont jamais ouverts, mais sont près à balancer n'importe quel connerie sur une presse engagée mais de qualité.Branché associations, culture (musique, théâtre...) , le quotidien n'est plus cette horrible torchon inféodé à l'Union Soviétique. Rappelons qu'il s'agit d'un des plus vieux quotidiens français, fondé dans les années 1900 par Jean Jaurès, le papa du PCF et du PS (on a tendance à l'oublier!) . Donne toujours dans le ton un peu usé anti-patron, mais sait s'insurger quand il le faut. Suplément littérature et philo pour mes camarades littéraires. Pensez-y! - Quotidien -1€20
     
    "Le canard enchaîné" : hebdomadaire satirique bien connu, qui fait bien plus dans la finesse que le rival "Charlie hebdo" qui allie le grotesque à l'absence de contenu. Joue merveilleusement bien de l'ironie et du cynisme, avec un regard un peu désabusé sur la vie politique ("tous pourris?"). En attendant, c'est un outil indispensable pour comprendre les fils (déja enorme) des nombreux mensonges gouvernementaux.- hebdomadaire (parution le mercredi), 1€20
     
    "Libération" : journal historique "de gauche"... Contenu assez pauvre, surtout depuis la reprise en main financière par Edouard de Rotschild. L'equipe des rédacteur a tenté de resister en 2006 contre ce qui est un atteinte véritable à l'indépendance du journal. beaucoup sont partis pour rejoindre "Rue 89" voir plus bas. Le journal n'a donc de gauche que la réputation. Il illustre le glissement à droite du parti socialiste et pour moi le fonctionnement stupide de ce parti; ainsi, sont célébré les "réformateurs", ceux qui pronent la rénovation du parti, les mêmes qui ont descendu la candidate pendant la présidentielle et qui rejoigne en masse le pouvoir se Sarkozy. Le journal de la "gauche caviar" dans toute sa splendeur. -Quotidien, prix inconnu.
     
    "Rue 89" http://rue89.com/ ; journal exclusivement en ligne et crée début 2007, notament par des journalistes ayant quitté "Libération".Contenu inégale. A le mérite d'attirer l'attention de manière claire sur des évènements et des points de vue. participation des lecteurs avec la possibilité de laisser des commentaires, et donc débats interressants. - mis à jour tout les jours, gratuit.
     
     
    Sites internet
     
    Ne pas oublier de consulter les sites de chaque journal, souvent bien fait. Ici la liste est longue :
    - Site d'analyses:
    Acrimed : Action Critique média : http://www.acrimed.org/ ; LE site d'analyse de (l'im)partialité des médias. Analyse chaque télé, chaque journal. Decrypte les propos, met en valeur la triste vérité d'une information pas si pluraliste que ça.
     
    Observatoire des inégalités : http://www.inegalites.fr/ on entend beaucoup de connerie. les chiffres peuvent être manié dans tout les sens. On a aussi tendance à nous dire que tout va bien. L'observatoire qui repose sur des équipes de sociologue et des statistiques précis nous livre les vérités qui dérangent : accès aux diplômes, à la santé, rapport au travail... TRES utile pour comprendre en quoi ignorer et aggraver les inégalité menace la cohésion de celle-ci. Peut aider certains à prendre conscience que tout n'est pas rose, mais surtout que des solutions existent.
     
    -Sites satiriques:
    Brave Patrie : http://bravepatrie.com/ à prendre au troisième degrès. Une équipe sympa entretient ce "vrai journal des vrais valeurs de la France vraie", qui propose une imitation caricaturale mais bien marrante d'une droite conservatrice et libérale à la "Figaro Magazine". En ce moment leur coqueluche est... Sarkozy!
     
     
     
    La trousse n'est pas encore remplie! encore de nombreuses références à y ajouter dans les prochains jours. Les commentaires sont personnels et ne prétendent pas à l'objectivité.
     
    July 24

    Un livre qui montre que tout n'est pas simple...

     8O% au Bac... Et après ? Stéphane Beaud
     
    Voici un livre que j'ai lu pendant les vacances. Notre prof de sociologie nous avait lu un passage pour introduire notre cours sur l'école ,en Terminale. Il s'agit d'un bouquin de sociologie, mais qui se lit très facilement, comme un roman. C'est le résultat du suivi d'un groupe d'adolescents puis d'adultes issus de banlieu entre 1990 et 2000. Les dialogues, interviews y sont reportés, ainsi que l'interprétation du sociologue, qui a presque une relation affective avec ceux qu'il suit.
    Le titre est déja évocateur, et il nous interpelle ,nous ,parce qu'on vis cette évolution. On est la génération "le bac est donné". Ce livre clarifie enormément de choses par rapport à la démocratisation des études supérieures. Et il permet de comprendre plus largement à quel point les individus sont soumis à enormément de contraintes. Je tiens à ce livre car il démontre que le mérite, s'il existe, ne joue que pour une trés faible part dans la réussite ou dans l'échec.
    Ce livre est émouvant, car il humanise les cités, que l'on voit enfin à travers le regard d'un sociologue et par la rencontre presque limpide avec ses habitants . Il montre qu'elles ne sont pas ce que nos médias vendeurs et adoptant un point de vue caricatural nous montrent de manière trés clichée. Pourtant ce livre n'est pas complaisant. Il n'a pas pour but d'excuser. Il se contente d'expliquer. Expliquer pourquoi des fils d'ouvriers ont moins de chance à l'école que des fils de cadres, malgré la gratuité des études, et en quoi l'environnement si particulier des cités joue à ce point sur l'etat psychologique, la manière de concevoir les choses et les possibilités d'un jeune.
    Nombreux sont les éléments qui jouent : le langage (peut-on jeter la pierre à quelqu'un qui a grandit dans une enclave culturelle pour ne pas maîtriser le français soutenu?) , la culture (le fameux "capital culturel" emprunté à Bourdieu : notre culture dépend étroitement de notre milieu) et même la motivation au travail qui est dûe à une  absence d'éducation ou à une approche incompatibles avec le domaine scolaire Ce livre montre que tout n'est pas simple. Qu'il est absurde et irresponsable d'accuser un élève ou un étudiant de ce qu'il est, ou d'accuser tacitement sa famille car ce n'est pas un problème individuel mais une problématique collective. Il illustre ce qui m'incite à penser à gauche : les déterminismes sociaux.
     
    Il n'y a pas de bien ou de mal dans une société, mais des mécanismes qui créent un ordre. Ces mécanismes sont collectifs, c'est pourquoi seul la collectivité, par le biais de l'Etat, peut avoir de l'influence sur eux. La politique ça devrait être ça.
    Mais il est plus facile pour un chef d'Etat d'aller dans le sens de ce qu'il est le plus facile à penser pour un individu : qu'il est méritant. Cela crée à la fois une forme de satisfaction en partie injustifiée (la part du "mérite" et du "talent" reste faible, surtout dans les études) et une culpabilité et une souffrance qui n'aurait presque pas lieu d'être.
    Lorsqu'un chef d'Etat se met à accuser certaines personnes pourtant victimes en grande partie de ces mecanismes, lorsqu'il responsabilise idéologiquement des individus qui n'ont qu'une prise limitée sur leur réussite ou leur échec, il enlève à la société toute chance d'être ce qu'elle devrait être naturellement: un groupement qui vise au bonheur de chacun, en trouvant des moyens de résoudre les mécanismes problématiques.
     
    Pourquoi s'en rend-t-on si peu compte ?, pourrait-on demander à la sociologie, pourquoi le discours politique individualisant (de droite) est-il le mieux compris? Tout simplement car une situation d'échec est vécue dans la culpabilité que le système génère , et c'est le cas des étudiants de 80% au bac...Et après? : l'école est établie comme une institution qui met tout les éleves sur le même pied d'égalité (en apparence, puisqu'ils ont tous des determinants sociaux qui les classent d'hors et déjà selon une échelle de valeur) , l'échec apparaît donc comme une faille individuelle. Inversement, la réussite est vécue comme réelle, et elle est sanctionnée comme telle par les mécanismes. Elle est renforcée par le fait que les mêmes chances sont données à tous (alors même que chacun n'a pas les même moyens pour les exploiter) et la réussite est donc imputée à l'individu seul. Si l'ont ajoute à cela que la conception anti-deterministe (ou "simpliste") des choses est contenue dans tous les vecteurs d'influences (gouvernement, mais aussi médias, qui, appartenant de plus en plus aux groupes dominants, ont tout intêret à promouvoir cette conception qui légitimise le pouvoir) , il est facile de comprendre que cette pensée est dominante.
    Elle permet de fixer un ordre hiérarchique, inconstestable : les mêmes chances sont données à tous, ceux qui réussissent sont donc parfaitement légitimé, ils peuvent dominer. L'ordre établi se répète, ceux qui sont dans des situations de pouvoirs sont les mêmes. Plus ils y restent, plus leur logique s'affirme dans les pensées et devient incontestable.
    Le rôle de la gauche, c'est de promouvoir la réalité des choses, pour pouvoir apporter une réponse que seule la collectivité peut fournir. Tant qu'on affirmera que les jeunes de banlieus n'ont qu'a déployer leur mérite et leur travail pour sortir de leur condition, le problème ne sera pas résolu. Leur souffrance s'amplifiera et leur colère sans but continuera à s'affirmer. La seule réponse qu'un gouvernement pourra alors apporter sera la prison... Or nous savons qu'elles sont surpeuplées... Surtout Depuis que notre actuel président alors ministre de l'intérieur est entré en fonction...
    "Ouvrez une école, vous fermerez une prison", Victor Hugo
     
    Pour compléter cette lecture, voir l'introduire de manière plus facile Pays de Malheur! qui retrace la discussion par email de Stéphane Beaud et d'un jeune de cité. Trés éclairant et émouvant. Beaucoup s'y reconnaîtront sans doute.