Nicolas 的个人资料Par la lucarne du sixièm...照片日志列表更多 工具 帮助

日志


9月22日

Fumisterie n°1 : je ne comprend rien, mais je ressens !

 

Une grappe de fruit pourrit dans une vitrine. Vous mettez du temps à l’apercevoir : la foule est dense à cet endroit du musée. Il y a quelques gamins bien peignés que leur mère assez élégante efforce d’interresser , quelques étudiants qui regardent l’œuvre d’un air incrédule, en chuchotant, quelques bobos portant des lunettes à grosses montures qui, plongés dans une profonde contemplation, penchent la tête d’un coté, puis d’un autre , pour adopter un autre point de vue sur la perspective abordée par l’artiste . Et vous, à la vision de ses raisins désséchés sur un plat ikea, vous vous dites « il y a un parti pris… » . Et pourtant vous peinez à réellement y croire. Vous pensez ça parce qu’on vous a dit de penser ça. Ou du moins vous vous êtes rendu compte que quand vous vous êtes exclamé, lors de votre première fois dans ce musée, devant des pneus crevés alignés sur un tapis de gym : « mais c’est du délire, ça veut rien dire ! », ben les gens vous ont regardé d’un air un tantinet méprisant.

Vous, ce qui vous fait vibrer, c’est une grande toile du musée du Louvre, avec des personnages antiques qui ont l’air de flipper ou bien de s’éclater, au choix. Seulement ça ,on vous l’a dit, c’est facile… Mais pourquoi ? sur quelle échelle, une toile de Delacroix c’est plus facile qu’une rangée de pneus ? Et facile à quoi ? à comprendre ?

Mais non rholala, vous n’avez rien compris justement ! Il ne faut pas comprendre . Comprendre c’est trop ringard. C’est trop terre à terre quoi. On comprend un théorème de Math, on comprend pas une œuvre d’art. Ce serait trop facile ! Votre pote à lunettes à monture noire vous jette un regard désabusé « il faut ressentir tu vois. Tu regarde l’œuvre et tu ressens quelque chose »

Ah merde là vous ressentez rien. Que faire ? Parce que là vous flippez. La dernière fois que vous avez étudié un poème de Char en cours, vous n’avez pas compris non plus, enfin vous n’avez rien ressenti je veux dire. Mais bon vous avez fait semblant. C’est facile de faire semblant. Et il est vrai qu’à part quelques-uns, avec Baudelaire par exemple,  vous ressentez vaguement que c’est beau. Oui mais là, la grappe de raisin, elle est même pas belle. Enfin pas comme ça quoi. Il doit y avoir un truc , vous vous dites. Un truc pour ressentir. Ressenterserum, ça s’appelerait si c’était une potion… Et si vous viviez dans le monde d’Harry Potter.

Bon alors on ne peut pas vous expliquer. Parce que tout ça, vous devez le ressentir au plus profond de vous-même. Ah ! un indice ! Il est utile décidement ce pote à lunettes ! grâce à lui vous allez finir par percer le secret de la grappe de raisin pourrie, et puis du reste tant qu’à faire.  Où se situe le plus profond de vous-même ? Il est temps de relire Kant. Bon, il y a l’intelligible, la conscience et tout. Et ça y est vous comprenez là. Vous êtes un immonde scientifique !Rhaaaaaa ! Vous ne savez que raisonner. Vous voulez tout expliquer. Et puis vous ressenter des choses uniquement comme la masse des gens. A savoir, le premier baiser entre Jack et Rose dans Titanic, l’agonie mentale du condamné de Victor Hugo, la mort de la maman dans Rox et Rouky … Et puis votre premier baiser à vous.

Mais la grappe de raisin, Baudelaire et Char, néant. Vous cherchez à expliquer le truc, la chose, la raison, le pourquoiducomment, mais kedal. Vous n’êtes décidement qu’un inculte. Un être insensible. Vous pensez que c’est lié à votre manque de culture, mais non, les autres vous l’ont dit, ça vient comme ça. Du plus profond de toi-même. Soit. Péquenot va !

9月18日

"Il faut se préparer au pire... c'est à dire la guerre avec l'Iran"

 C'était dimanche 16 septembre, sur RMC, et le lendemain dans les lignes du Figaro. Bernard Kouchner, le "french doctor", personnage hautement médiatique depuis qu'il a trouvé sage de passer de cadre d'un parti qui chante encore "l'Internationale" à la fin de ses meetings, à chef de la diplomatie du président le plus conservateur et le libéral que nous n'avons jamais vu. On se souviens que ce départ a provoqué une petite crise dans le parti du charismatique François Hollande ( ou "le flan") , lequel a protesté , ce que Sakozy a qualifié d'attitude "stalinienne"... Ah! ce qu'on apprécie dans ce gouvernement c'est le sens de la mesure.
Revenons à notre ministre des affaires étrangère. On se souvient qu'il avait émis quelques réserves lorsqu'en 2003, la France, se donnant un nouveau rôle international , avait mis son véto à l'invasion de l'Irak par l'Amerique du ô combien detesté G.W Bush. Depuis il a clairement été démontré que les armes de destruction massive n'ont été qu'un prétexte monté de toute pièce par les renseignements américains (leurs entourloupes sont tellement habituelles que nous les oublions toutes : le soutien à une dizaine de dictateurs en Amérique du sud, le trucage des élections en Italie en 48, le soutien à Saddam Hussein, Ben Laden... Bref on connaît la dimension tout à fait humanisme de la si branchouille CIA!) .
On peut donc facilement dire que notre médiatique Kouchner s'était trompé , la guerre n'était pas une "bonne" idée. La démocratie est complètement absente du territoire irakien, avec un parlement fantoche et un pays plongé dans le chaos. Des milliers de militaires américains et anglais sont morts, et la population civile a été trés touchée.
Je crois qu'on ne prend vraiment plus conscience de ça; notre cerveau s'est habitué à l'annonce des attentats. Chaque jours, des dizaines de morts. On en a pas grand chose à foutre finalement. On ne se sent vraiment pas concerné , en définitive. Nous, pays des droits de l'homme, n'avons pas voulu ça. Et puis la violence dans le monde on y peut rien ma pauvre dame.
 
Imaginons un scénario différent : ce seraient nos soldats, nos citoyens qui seraient envoyé dans un pays du Moyen Orient et qui mourraient régulièrement, qui planifieraient des bombardements sur des zones militaires, avec une marge d'erreur suffisante pour rayer de la carte des villages entiers et leurs habitants. On auraient non seulement l'inquiètude pour nos compatriote (car, pour beaucoup l'armée à l'air d'être un monde à part, mais pour avoir vécu dans une ville militaire une bonne partie de ma vie, je connais beaucoup de famille qui vivent au gré des affectations du père, ou de la mère) . On auraient aussi la culpabilité. La culpabilité d'occidentaux, de puissance atomique et militaire qui imposeraint sa force pour contraindre un pays tiers, qui possède une culture et un dévellopement radicalement différents des notre et qui a vécu dans les année 80 une guerre réellement meurtrière (8 millions de morts civils et militaire, une capitale rasée par les bombardements)
 
Je parle évidement de l'Iran. Vous savez, ce pays terrible, qui est gouverné par un président régulièrement réelu avec des scores astronomiques, qui est gouverné par une religion imposant des pratiques liberticide et plongeant la population dans la peur perpetuelle. Ce gouvernement qui oppresse tout un peuple depuis 1979, l'occident ne s'y est interressé que lorsque ses intêrets étaient menacé : la prise d'otage à l'ambassade des Etats-Unis en 1980. Et depuis quelques année, l'enrichissement d'Uranium.
 
Ah quelle horreur! la bombe atomique, cette chose abominable au main d'une telle dictature! Oui, la même bombe que nous, grandes puissances occidentales, sommes fiers d'exhiber depuis des dizaines d'année. Cette bombe dont on sait que l'utilisation par une puissance sur une autre entraînerai aussitôt sa propre destruction. Oui! cette fameuse bombe, dispersé sous tous les océans du globe, dans les sous-marins des grandes puissances qui naviguent , irrepérables, et qui peuvent, en quelques minutes, envoyer des missile d'une puissance dix fois supérieure à Hiroshima (250000 morts) sous ordre de leur gouvernement.
 
Quel différence cela ferait-il si l'Iran la possédait? ne possédant pas d'accès à la mer, ne possèdant pas les fameux SNLE (sous marins nucléaire lanceur d'engins, on s'en souvient depuis que la consacrée-niaise Mme Royal avait été incapable de donner le nombre de missile nucléaire que ces spécimens étaient capables de transporter), la puissance islamiste lancerait un missile porteur depuis son propre territoire, rendant le repérage bien plus aisée. Une puissance de plus ou de moins, quel changement ?
Comment peut-on penser que "les Iraniens vont nous envoyez la bombe à la gueule" sachant que cela entrainerait le rayage de la carte immédiat de tout un peuple? Comment peut-on penser qu'un gouvernement, si dictatorial et fanatique soit-il, soit près à sacrifier plus de 70 millions d'habitant pour une idée? même un fanatique du socialisme soviétique comme Krouchtchev a immédiatement senti le danger pendant la crise de Cuba.
 
L'occident considère le moyen-orient comme un peuple de barbare, irrésponsable et fanatique. Cette vision s'immisce progressivement à travers nos concitoyens. Un bijou du cinéma comme "Persépolis" parviendra-t-il à montrer le vrai visage d'un peuple qui souffre?
Le projet de la France, le pays de la révolution française, le pays qui a su dire "Non" en 2003 serait-il, sous pretexte d'accession (encore trés discutable, la bombe étant loin d'être réalisée) à l'arme atomique par un pays "non-démocratique" sur le point d'imposer de l'exterieur une volonté à un pays?
Comme si la bombe atomique n'était que l'appanage des puissances démocratiques! Ou bien nous dira-t-on que la Chine est un régime démocratique? Et le pakistan? Et la Lybie, à qui la France a pourtant passé d'important contrat d'armement?
 
Le mensonge et l'hypocrisie sont flagrant au sein de ce débat. On parle de guerre alors même que l'asphyxie économique du pays aurait été un moyen trés efficace de réduire l'Iran à l'impuissance nucléraire. Or qu'apprend-t-on?  "Paris a d'ores et déjà décidé de demander aux grandes entreprises françaises de ne plus investir en Iran, en particulier dans le secteur des hydrocarbures. Cette démarche a concerné la compagnie pétrolière Total ainsi que Gaz de France "et d'autres", a-t-il dit."
ainsi notre gouvernement est près à parler de guerre alors qu'il n'a fait que "demander" aux entreprises d'hydrocarbures de s'eloigner de l'Iran. Que pense-t-on, que si la guerre éclate, l'intêret de nos "champions energetiques" sera préservé?
 
Non, seule les larmes, la honte et le sang seront au rendez-vous. Il est alors normal d'espèrer que la verve de nos dirigeants soit dûe à leur démagogie et leurs ambitions electorales plutôt qu'à leur conviction profonde. En attendant, ce ne sont pas les hauts décideurs américain et britanniques qui subissent au quotidien la violence et la peur en Irak, ce sont des soldats et tout un peuple.
 
Nous, citoyens d'un pays démocratique devons avoir conscience de ça avant de suivre avec enthousiasme notre gouvernement, obéissant à nos instincts nationalistes et nos peurs teintée d'ignorance.
 
9月9日

Trousse de secours pour y voir clair en cas de carence aigüe de pluralisme

 Depuis que notre vénéré président a été élu, il est à craindre (et ces craintes se confirment) que l'information soit dans sa grande majorité, d'une neutralité ...limitée. On va déja apprendre dans 4 ans que les médias télévisuels ont joués un jeu tout à fait partial pendant la campagne présidentiel (si on ne l'a pas encore remarqué) comme en 2002 lorsqu'une chaîne comme TF1(40% de l'audience) a fortement mis en valeur le phénomène de la violence urbaine alors même que les chiffres avaient diminué pendant les mois précédents...
En attendant, l'hebdomadaire Marianne titre "La Cour" pour parler du phénomène Sarkozy, mettant en valeur le charme quil opère auprès des médias dominants. On sait déja que TF1 a un faible pour lui , par le biais du grand patron Bouygues, pote perso du président, que le groupe Lagardère média dirigé par son "frère" l'hériter Arnaud Lagardère fait en sorte que ses bourrelés soit gommé dans Paris Match, sachant que ce n'est que l'aspect emergé de l'iceberg, puisque Lagardère possède des radios comme Europe 1, mais aussi de nombreux quotidiens régionaux. Enfin, "Le Figaro" de Dassault en pince évidement pour le protecteurs de tout ces courageux "self made man". Mais il ne s'agit que des exemples les plus connus et les plus évident. Un large concensus se dévellope donc au sein de l'élite médiatique (France télévision, "Le Monde" sous certains aspects) autour du néolibéralisme et général et la politique sarkozyste en particulier.
Que faire pour échapper à cette vague, pour échapper à ce qui apparaît effectivement comme une "pensée unique" ?(dont le condensé pourrait être : En dehors du libéralisme point de salut, la justice doit être plus répréssive et le PS doit se "moderniser")
Profiter du remède que constitue les ressources d'internet, où les voix discordantes peuvent s'exprimer, mais aussi à travers le journalisme pas encore atteint par la "vague". Petite compile personnelle :
 
Télévision
A eviter absoluement : TF1 : débats "pluralistes" (prenons les personnalités les plus caractériels de chaque tendance et laissons les s'engueuler pendant 1H30 . De l'intêret d'entendre De Villiers et Laguillier s'apostropher...), journal de 20h "impartial" (prenez le problème du chômage; interviewez deux filles qui ont l'air bien cruche dans un centre de l'ANPE qui expliquent qu'elles ne veut pas faire un boulot qui ne correspond pas à leur licence de philo... Vous éliminez le chômage en tant que "problème") ; Finie la place accordée à la création cinématographique, place à la copie des series policière américaine et aux émissions de variété aux problématiques "de société" ("ça se discute" : comment vivre lorsqu'on a dix orteilles à chaque pied. Question de société ou voyeurisme?)
Sortir de l'illusion que France 2 est "à gauche". France 5 produit des débats politique qui sous un vernis "intelligent" (professeurs emérites et "politologues" distingués) sont aussi pluraliste qu'interressant (à voir l'excellente analyse de "C dans l'air" sur acrimed :http://www.acrimed.org/article2695.html)
Les guignols de l'info! cynisme et humour, et pourtant tant de réalisme! Tend pourtant à donner l'image d'une politique mue par des hommes plus que par des idées. Ainsi l'impression que c'est le personnage de Sarkozy, plus que ses idées, qui est dangereux. Cependant le rôle satirique du journal de Canal+ limite la critique de fond, et c'est bien compréhensible.
 
Presse écrite
"Le Monde'  (www.lemonde.fr) est-il le quotidien impartial de référence qu'il prétend être? (éléments de réponse ici :http://www.acrimed.org/article959.html) En tout cas la fronde de ses redacteurs en juin derniers contre le président des actionnaires Alain Minc qui avait affiché sa préférence et son soutien à Sarkozy est encourageante pour la crédibilté du journal. De plus les analyses y sont précises.du "grand" journalisme. -Quotidien , 1€30
 
"Le Monde Diplomatique" : sans doute le mensuel le plus qualitatif. Des articles extrèmement complets, sourcés, attirant l'attention sur des éléments insolites de l'actualité internationale, posant des problèmes philosophiques , le tout accompagné de photographie ou d'oeuvre d'art diverses un peu décalée. La ligne du journal est clairement "à gauche", c'est un peu le repère les "vrais" intellectuels de gauche. Du coup on peut reprocher la difficulté de la lecture qui reserve son contenu extrèmement qualitatif à une minorité cultivée. C'est cependant une prouesse dans l'alliance entre qualité littéraire et journalistique (ce qui revient à relativiser l'opposition entre littérature et journalisme...). Un coté moralisateur et parfois trop complaisant (notament à l'egard de Cuba...) qui peut en enerver certains.-Bimensuel, 4€
 
"Marianne" (http://www.marianne2007.info/) est un hebdomadaire à la ligne "centriste révolutionnaire". Interressant phénomène mais qui finalement , à force de se proclamer "révolutionnaire" et "different" (il est vrai que l'actionnariat y est indépendant, et qu'aucune publicité ne vient s'imposer au lecteur), ils tombent un peu dans le populisme et enfoncent des portes ouvertes (la gauche caviar, les ambitieux et les traîtres) , mais ont mis en valeur beaucoup de choses. Ce qu'on peut leur reprocher c'est de seulement miser sur les partis en place, et de passer du temps a ridiculiser totalement les petits partis et les mouvements sociaux de manière un peu caricaturale (les communistes dogmatiques et sectaires, les verts "bobo" etc..) . Un journal "révolutionnaire" ... dans la continuité. Et les analyses ne sont pas toujours profondes. Plus fort pour les gros titres que pour le contenus (comme dans leurs numero spécial "la France de sarkozy" où ils anticipaient les réformes et leurs conséquences sans analyses de fond) - Hebdomadaire, environ 4€
 
"Politis" : On se fous volontiers de la gueule des alters et de l'extrême gauche, mais c'est le seul genre de presse qui est réellement indépendante, et cela se reflète dans leur faible moyen. On ne trouve pas "politis" partout, mais ce journal vaut le coup : points de vue originaux, écrits fournis et bien faits, attire le lecteur sur des problèmes inconnus et surtout sur des "alternatives" au libéralisme (ce qu'oublie de faire la presse seulement "critique" comme Marianne) - Mensuel, 3€
 
"Alternative économique" : pour moi le seul mensuel qui traite véritablement de l'économie. Contrairement à des torchons comme "Challenge" ou "Capital" qui expliquent comment au mieux se faire de la tune et sur quel grand patron trouver un modèle, "alter éco" propose une véritable analyse de l'économie et du social à une échelle collective; Propose des points de vue originaux, et expérimente les "alternatives" comme l'économie solidaire ou les coopératives. groupe de presse indépendant et coopératif (chaque salarié possède une partie du capital) - Mensuel - 4€ 50
 
"L'Humanité". http://www.humanite.fr/  Ah il fait bien rire le quotidien de gauche communiste. La plupart des gens ne l'ont jamais ouverts, mais sont près à balancer n'importe quel connerie sur une presse engagée mais de qualité.Branché associations, culture (musique, théâtre...) , le quotidien n'est plus cette horrible torchon inféodé à l'Union Soviétique. Rappelons qu'il s'agit d'un des plus vieux quotidiens français, fondé dans les années 1900 par Jean Jaurès, le papa du PCF et du PS (on a tendance à l'oublier!) . Donne toujours dans le ton un peu usé anti-patron, mais sait s'insurger quand il le faut. Suplément littérature et philo pour mes camarades littéraires. Pensez-y! - Quotidien -1€20
 
"Le canard enchaîné" : hebdomadaire satirique bien connu, qui fait bien plus dans la finesse que le rival "Charlie hebdo" qui allie le grotesque à l'absence de contenu. Joue merveilleusement bien de l'ironie et du cynisme, avec un regard un peu désabusé sur la vie politique ("tous pourris?"). En attendant, c'est un outil indispensable pour comprendre les fils (déja enorme) des nombreux mensonges gouvernementaux.- hebdomadaire (parution le mercredi), 1€20
 
"Libération" : journal historique "de gauche"... Contenu assez pauvre, surtout depuis la reprise en main financière par Edouard de Rotschild. L'equipe des rédacteur a tenté de resister en 2006 contre ce qui est un atteinte véritable à l'indépendance du journal. beaucoup sont partis pour rejoindre "Rue 89" voir plus bas. Le journal n'a donc de gauche que la réputation. Il illustre le glissement à droite du parti socialiste et pour moi le fonctionnement stupide de ce parti; ainsi, sont célébré les "réformateurs", ceux qui pronent la rénovation du parti, les mêmes qui ont descendu la candidate pendant la présidentielle et qui rejoigne en masse le pouvoir se Sarkozy. Le journal de la "gauche caviar" dans toute sa splendeur. -Quotidien, prix inconnu.
 
"Rue 89" http://rue89.com/ ; journal exclusivement en ligne et crée début 2007, notament par des journalistes ayant quitté "Libération".Contenu inégale. A le mérite d'attirer l'attention de manière claire sur des évènements et des points de vue. participation des lecteurs avec la possibilité de laisser des commentaires, et donc débats interressants. - mis à jour tout les jours, gratuit.
 
 
Sites internet
 
Ne pas oublier de consulter les sites de chaque journal, souvent bien fait. Ici la liste est longue :
- Site d'analyses:
Acrimed : Action Critique média : http://www.acrimed.org/ ; LE site d'analyse de (l'im)partialité des médias. Analyse chaque télé, chaque journal. Decrypte les propos, met en valeur la triste vérité d'une information pas si pluraliste que ça.
 
Observatoire des inégalités : http://www.inegalites.fr/ on entend beaucoup de connerie. les chiffres peuvent être manié dans tout les sens. On a aussi tendance à nous dire que tout va bien. L'observatoire qui repose sur des équipes de sociologue et des statistiques précis nous livre les vérités qui dérangent : accès aux diplômes, à la santé, rapport au travail... TRES utile pour comprendre en quoi ignorer et aggraver les inégalité menace la cohésion de celle-ci. Peut aider certains à prendre conscience que tout n'est pas rose, mais surtout que des solutions existent.
 
-Sites satiriques:
Brave Patrie : http://bravepatrie.com/ à prendre au troisième degrès. Une équipe sympa entretient ce "vrai journal des vrais valeurs de la France vraie", qui propose une imitation caricaturale mais bien marrante d'une droite conservatrice et libérale à la "Figaro Magazine". En ce moment leur coqueluche est... Sarkozy!
 
 
 
La trousse n'est pas encore remplie! encore de nombreuses références à y ajouter dans les prochains jours. Les commentaires sont personnels et ne prétendent pas à l'objectivité.
 
9月8日

La fiction de l'éllitisme

        Avant de parler de ma rentrée de Khâgne (je ne souhaite pas le faire "à chaud", sous peine de manque d'objectivité dû à l'enervement causé par cette première semaine), je diffuse ici un interview du sociologue François Dubet, prof à Bordeaux II, sur la fiction que constitue la notion de mérite. En quelque sorte, le fondement de la légitimité des élèves de prépa. Si, comme le disait Bourdieu, la sociologie est un "sport de combat" qui devrait permettre aux dominés de comprendre que leur situation individuelle est liée à un etat de fait collectif (et il est important de dire que la souffrance social, la misère, l'echec est principalement le fait du regard des autres, mais surtout du regard que l'individu porte sur lui -même) , cette science doit également permettre aux dominants de faire preuve de modestie et donc de relativiser leur ascension et leur réussite (la même qui légitimise leur domination sur le reste de la société).
       Voilà pourquoi j'en conseille fortement la lecture à mes camarades de prépa (bien que je ne vise personne en particulier) . De plus, le sujet est tout à fait d'actualité puisque le ministre de l'éducation juge indispensable la fin du collège unique et donc la selection à l'entrée en sixième... L'interview est tiré du site de l'observatoire des inégalités ( www.inegalites.fr) et extraite de la revue Alternatives économiques.
 

Alternatives Economiques : Qu’est-ce que récompense le mérite scolaire ?

François Dubet : Le mérite est une fiction. On sait que ça ne fonctionne pas. Dans la pratique, certains disposent d’avantages. En soi, le mérite est d’ailleurs une notion discutable (est-ce un mérite que d’aimer les maths ?), d’une cruauté sans nom, parce qu’il fait porter aux individus la responsabilité de situations qu’ils ne contrôlent pas entièrement. La victime du système n’est pas habilitée à le critiquer, puisqu’elle a « échoué ». Enfin, il y a le mérite et ses conséquences : est-ce qu’être diplômé de l’Ecole polytechnique justifie une rente à vie ? Le problème est particulier en France : le système scolaire est plus « juste » qu’aux Etats-Unis, mais la force du diplôme est telle que les inégalités scolaires ont beaucoup plus de conséquences ensuite !

Ne sommes-nous pas en train d’assister à un changement social majeur en matière de reproduction des inégalités ?

Je suis frappé de voir de plus en plus se constituer des « rentes culturelles », sur le mode des rentes foncières. Les « fils de » se multiplient. Bourdieu avait raison sur ce plan, il existe une vraie « noblesse d’Etat ». Même les dirigeants des grandes écoles se plaignent d’un recrutement de plus en plus étroit, qui ne leur procure finalement pas toujours les meilleurs. Durant des décennies, on a associé le progrès et la démocratisation, les choses se sont désormais retournées.

Comment sortir de cette situation ?

Le mérite est une fiction essentielle pour les démocraties libérales. Si on l’abolit, comment va-t-on attribuer les positions sociales ? En fonction de la naissance ? Il me semble difficile de faire autrement que de s’assurer de garanties communes, d’un savoir de base minimum, au collège par exemple. Les syndicats d’enseignants ne voient dans cette proposition qu’une école au rabais, alors qu’ils sont des ardents défenseurs du Smic dans le domaine de l’emploi. Il me semble que l’on est dans un climat régressif : ceux qui hier dénonçaient les inégalités défendent le conservatisme sur le mode de « l’élitisme républicain » contre le marché. C’est comme cela, par exemple, que l’on veut mettre fin au collège unique ou que l’on dénonce la validation des acquis de l’expérience* comme l’entrée des patrons dans l’enseignement. Face à cela, l’opinion publique n’est pas un acteur organisé. Les parents d’élèves ont leur rôle à jouer. Mais au bout du compte, le risque existe qu’une majorité de la population en ait assez de financer l’école d’une minorité.

Propos recueillis par Louis Maurin

 Pour en savoir plus sur les problématiques liées à l'éducation nationale, il est trés interressant de consulter le site de l'observatoire des inégalités. Et en ce qui concerne la carte scolaire, le point de vue tranché de Louis Maurin ici http://www.inegalites.fr/spip.php?article567&id_mot=31 qui decrypte avec une argumentation implacable le truchement du débat autour de cette question cruciale et le cynisme de l'éllite politique autour de cette question.