Nicolas 的个人资料Par la lucarne du sixièm...照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
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8月23日 Murmure de la rentrée! (coup de gueule!)[Je tombe un peu dans l'excès blog, c'est-à-dire tenir des propos un peu perdus et puis balancer quelques coups de gueule en vracs, pas trés structurés. J'ai la flemme de faire ça bien!]
C'est bientôt la rentrée!! Bon en fait là je parle pour les lycéens et les collégiens, et vous savez cette race un peu bizarre d'étudiants, qui arrivent à leurs quatrième ou cinquième année de lycée! Ils portent encore des sacs a dos, ils mangent dans un self et font la queue dans une foule remuante parmis laquelle il y a des petits élèves de seconde qui n'ont pas encore tout à fait muer. Eh oui, je parle soit des étudiants en BTS, ou ceux de prépa. Dans mon cas je suis dans la seconde catégorie, et j'appartiens à la sous-catégorie des prépa littéraire (que de sous catégories dans le monde, quand on y pense...) . J'entre en khâgne! Comme ce mot est mélodieux! Encore une fois, la tradition d'excellence et la tendance à l'auto-marginalisation du monde des Lettres (celles avec un grand L, celle de Balzac et Chateaubriand), a donné ces appelations bizarres "hypôkhagne" (la première année) et "khâgne" (la seconde année). ça vient du grec évidement, tout les gens bien éduqués l'avaient vu ,bien entendu.
Rappelons un peu ce que sont les prépas , euh laissez moi réflechir. Le symbole de l'hypocrisie et de l'éllitisme refoulés de la république Française : les meilleurs élèves selectionnées en terminale vont dans ses classes où ils coutent environ 20000euros par an à la société. Ils subissent un enseignement de grande qualité, privilégiant le travail, formant des petites bébètes de courses prêtes alors à tenter les concours des grandes écoles, passeport et porte obligés vers tout les postes de pouvoirs dans les domaines économiques, politique et culturel, de notre beau pays. Ahum, on leur apprend la rigueur, le langage, et le travail, tada. Le principe est de les droguer au travail. C'est trés efficace car cela eloigne l'étudiant de toutes les pulsions nuisantes : actualités, vie associative, manifs (entre autres) . Une fabrique de robot? N'éxagerons rien. certains s'en sortent trés bien... Mais ils sortent sans rien. En prépa scientifique on vous apprend à faire des chiffres le centre de votre vie, en prépa éco on vous apprend à penser comme un expert du FMI, en prépa littéraire on vous apprend à mépriser cordialement les incultes ("masses incultes et crasses", je rapporte les propos du jovial inspecteur de l'éducation qui est venu nous voir en cours de latin) et à ne jamais dire que Zola est un fondateur du socialisme (brrrr!).
L'enfer , pour les profs de prépa c'est la fac. L'Université, c'est le truc au fond le plus épatant de notre pays : des cours de hauts niveaux gratuits ouvert à tout les bacheliers (contre un endettement tournant autour des 40000dollars pour un étudiant américain)... mais rien d'autre. Bien plus nombreux, les étudiants de fac ne coutent que 10000euros par an à l'Etat, moitié moins qu'un étudiant de prépa. petit rappel : les élèves selectionnés en prépa ont des grandes facilités dans le domaine scolaire, cela veut dire que les étudiants de fac sont sencé être moins "brillants"? mais alors dans quelle logique l'Etat donne-t-il deux fois plus à ceux qui ont déja des moyens en eux? Est-ce la même logique qui guide notre cher président à faire payer proportionnellement moins d'impôt aux personnes bénéficiant de trés hauts revenus? je m'interroge!
Toujours est-il que les sceptiques du bouquin de Stéphane Beaud et donc de l'incidence du milieu social sur les compétences scolaires rejetterons cette analyse, et diront que l'essentiel c'est que les études supérieurs soient gratuites... Ceci est faux malheureusement, et c'est dans doute la chose la plus scandaleuse, la plus anti-démocratique, anti-republique! Car même l'étudiant de prépa qui a bossé par" lui-même" comme on dit, pour réussir, lorsqu'il se retrouve face à un concours des grandes écoles qu'il convoite tant, que constate-t-il?
Il existe des préparations, par exemple pour les instituts d'etudes politiques (dont on ne niera pas qu'elles sont la porte quasi-obligé vers les emplois trés qualifiés et à fortes connotations politiques) afin d'arriver à l'épreuve en ayant déja fait des concours blanc corrigé par des profs... de l'IEP! Mais cette préparation est payante "oh ça va, l'etudiant peut faire un effort!" ai-je entendu.
Pardon? ai-je bien compris? Le coût d'une préparation pour le concours est de 1500euros, oui, 1500 euros! c'est-à-dire à peu près 10000francs! Et la préparation a lieu à ... Paris, pendant quinze jours;
Un petit calcul s'impose : 60euros de trajets aller-retour en TGV à partir d'une région moyennement éloigné de la capitale, et ensuite l'hébergement (car, je sais que ça peut surprendre, mais tout le monde n'a pas de la famille à paris) , on va dire minimum 60 euros la nuit (et encore il faut le trouver cet hotel!) , ça nous fait plus de 800euros le séjour. ça nous fait un total de 2300euros.
c'est combien le Smic? 1280euros... et pour ceux qui ne croient pas à l'indicateur SMIC (genre qui hausse les épaules quand on leur dit que le patron de l'Oréal gagne en un an plusieurs vingtaine d'année de SMIC, et qu'après tout tout le monde trouve ça normal), le revenu moyen par personne et par mois en France en 2005 était de 1550euros environs...
Bref, je cite l'exemple de Science Po, mais pour de nombreuses autres écoles c'est encore plus flagrant, dans les écoles de commerce les études sont carrément payantes (tiens ça me fait penser au fifils d'un pote grand patron de mon père qui était gros branleur au lycée, son papa l'a envoyé dans une école anglaise à des milliers d'euros le mois, et bizzarement ça va mieux... Mais évidement on suppose que si on y envoyait des ptits banlieusards ils casseraient tout, et puis leurs parents méchants-RMistes-profiteurs-delasécu (on devrait mettre des initiales ça irait plus vite) pourraient trés bien faire des heures sup et donc bosser 50heures par semaine "si ils le voulaient! merci M'sieur Sarkozy, c'est vrai que ça va être beaucoup plus éfficace pour l'éducation des gosses que les parents bossent 11heures par jours!)
Toujours est-il que l'étudiant se retrouve pour son concours dans un amphi où certains ont passés une préparation payantes et d'autres non.
Où est donc l'égalité des chances, je peux le savoir? car ceux qui balayent d'un revers de main l'existence d'inégalité face à la culture, ce qui est facile maintenant que Pierre Bourdieu, qui avait dérangé beaucoup de gens dans leur autosatisfaction, est mort, ceux là ne peuvent pas nier que c'est tout à fait dégueulasse que l'argent fournisse ouvertement des chances supérieures à certains plutôt qu'à d'autre (et le premier qui me parle de la solution des jobs d'été je le trucide, vu comme il est facile d'en trouver un sans piston et comme on est bien payé ).
Alors la réforme de l'université de Monsieur le président me fait bien marrer. Elle ne change rien, elle ne fait rien. même pas de quoi descendre dans la rue. Encore un effet d'annonce, un discours larmoyant sur la situation scandaleuse de nos universités relayé à fond par les médias, à commencer par ceux de ses amis et de ses "frères" (comprenez TF1 de son ami et parrain de son fils, Martin Bouygues, Hachette-Lagardère de son "frère" du même nom, qui comprend la presse régionale et le Figaro bien entendu) . Et un gadget : les président d'université auront plus de pouvoir. Et pas d'injections de fonds non évidement, toutes les déductions d'impôts (qui, rappelons le, ne profitent qu'a un dixième des ménages, le dixième le plus aisés naturellement) ont couté déja trop chère . Pas non plus de prêt spécial étudiant pour financer ses fameuses préparations (on ne veut pas non plus venir les "démocratiser" , et puis quoi encore).
Du vent, du vent, du vent... Juste de quoi se maintenir au pouvoir et payer le caviar à ses potes.
En attendant les fils de riches vont pouvoir devenir riches, et les fils de pauvres vont pouvoir restez pauvres.
"Bah tfaçon qu'est-ce qu'on peut y faire hein... faut que jte laisse j'vais à une soirée j'suis dja en retard..."
Dernier mots de cet écrit dégouté pour Saez:
"Puisqu'on est que des pions content, d'être à genous.."
8月1日 Mise au point sur une photo célèbre C'est une photo que vous avez tous déja vu. Pour la bonne raison qu'on la voit partout : sur des tasses, des tee-shirt, sur des badges... Et dans des manif. Vous réagissez de manière variable devant elle : regard avide du fashion victim, regard enervé de la part de beaucoup, regard exaspéré si vous pensez qu'il faut grandir un peu. Ou encore d'autres réactions...
Bref je fais référence à la célèbre photo du dirigeant cubain Ernesto Guevara, dit le "che" prise le 4 mars 1960 par le photographe cubain Korda. Cette photo, où l'homme regarde vers le loin, portant son beret à étoile, a été prise alors que l'ex-guerillero était venu participer au sauvetage des victimes de l'explosion d'un navire dans le port de La Havane, la capitale.
Cette photo enerve. Et elle n'est pas la seule. D'autres photo du che sont connus. Il faut dire que la révolution cubaine offre un terrain propice aux photographes. C'est une période qui n'est pas trop assombrie par la violence. L'heure est à l'exaltation : un dictateur a été renversé, un nouveau régime se met en place, qui compte sortir les cubains de leur pauvreté. Les guerilleros, révolutionnaires de tous bords et venant de divers pays d'Amerique latine (Guevara est argentin, d'où sont surnom "che", en référence à son accent)
La révolution cubaine marque les esprits : c'est une révolution faite à partir de rien, mené par un leader charismatique entouré d'homme tout aussi héroïques dans les esprits. La dimension romantique de cette révolution, radicalement différente de la révolution russe, est magnifiée et exploité par le régime, qui compte sur le ralliement de la population à un vaste dessein. Elle impressionne les intellectuels occidentaux, et enchante les photographe.
Ernesto Guevara est un des personnages principal de ce mythe. Sa vie est un roman : étudiant en medecine, issu d'un milieu bourgeois, il est amateur de poésie assoifé de voyage (à voir : "Carnet de Voyage" de Walter Salles au passage). Il mène une vie instable comme photographe et semi journaliste en Amerique centrale avant de s'embarquer comme médecin en direction de Cuba, pour faire la révolution. Une fois celle-ci installée, le plus dure reste à faire : Cuba est sous dévellopée et menacée par les Etats-Unis... Directeur de la Banque nationale puis ministre de l'industrie, Guevara apprend la politique et l'économie sur le terrain. Il n'est pas communiste comme on le dit souvent. L'orientation socialiste de l'Ile est prise en fonction des circonstances. Après avoir fait le tour des pays du Tiers-Monde et du bloc socialiste (où il fait preuve d'une admiration naïve face à la "patrie du socialisme, inconscient qu'il était de la réalité de la révolution russe), il quitte Cuba, souhaitant aider le Tiers Monde et ses peuples à gagner la liberté. Arrêté puis assassiné en 1967, son cadavre donne un ultime sujet de photo. Sa mort fait de lui un martyr, un héros face aux oppresseur du peuple latino-américain, pour qui il reste un symbole fort.
Cette brève biographie ne pretend pas à la justesse. Difficile de connaître la vérité sur le révolutionnaire. Ce qui est sûr, c'est que les thèses qui font de lui un criminel avide de violence sont bien loin de la réalité. S'il est clair qu'il est devenu pour l'amerique latine un symbole fort, la vision que nous, occidentaux avons de ce personnage est nettement plus floue.
La célèbre photo prise par Korda a connu ses heures de gloire en mai 68. Guevara est le symbole des mouvements gauchistes, à savoir ceux qui ne se reconnaissait ni dans le socialisme de gouvernement incarné par Mitterand, ni dans l'étroitesse idéologique du parti communiste. Ce double rejet explique l'attachement à la figure de Guevara : il représente le dirigeant incorrumptile (à la la Havane il menait une vie modeste et simple) et opposé au dogmatisme. Il fut également un grand contestataire, brisant les tabous, comme revendiquait d'une certaine manière le mouvement de 68.
Ce fut la dernière fois que le che fut utilisé à des véritables fins idéologique. La fameuse photo et son symbole a été intégré dans le système capitaliste, avec la commercialisation qu'elle a subit. C'est une véritable absorption . Et pourtant on ne peux pas parler de complot. La publicité et les entreprises l'ont utilisé car il passait bien. Ce n'est pas un exemple isolé d'intégration de symboles révolutionnaires dans la logique de marché : la campagne de publicité des hypermarchés Leclerc en 2005-2006 a réutilisé de nombreuses affiches clairement anticapitalistes de mai 68, les rendant ainsi définitivement innofensive. Le Che a subit cette logique de plein fouet. La jeunesse de notre génération rejette cette photo car elle a été vidé de sa substance. Plus commune sur le eastpack d'un lycéen parisien, a coté de son Ipod (prononcez "aille-pode") que contre le porte-voix d'un militant CGT , la figure du che est devenu un symbole bourgeois, brillante réussite du mécanisme de récupération de l'économie de marché, qui trouve dans de nombreux domaines de la vie et des idées tels que l'écologie, l'amour, ou encore la santé , des occasions d'augmenter les bénéfices...
Comment réagir face à ce travestissement du symbole que représente un homme qui a donné sa vie pour la liberté et l'égalité des peuples du sud? Comment réagirions nous si Jean Moulin venait à voir sa mémoire bafoué par la nécéssité de faire du résultat? C'est à ça qu'il faut penser. Ignorer la photo de Korda est bien dommage. La porter sans connaître son sujet l'est certes bien plus.
Et si tout les amateurs de la contestation et du bravage des tabous portaient sur eux cette effigie, sans crainte de ressembler à ceux qui le déshonnorent? |
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